2013 à Londres, où il ne fait plus bon vivre du tout.
Un meurtrier sadique s’attaque à des femmes et leur fait des choses tout à fait affreuses. Parallèlement, on assassine l’un après l’autre les membres d’une liste ultra secrète figurant dans l’ordinateur du ministère de l’Intérieur : il s’agit de criminels sexuels potentiels, affublés de surnoms de philosophes.
L’inspecteur « Jake » Jacowicz, une dure à cuire dont la particularité est de détester les hommes, s’engage dans un duel (d’une intelligence rarement vue dans un polar) avec le serial killer, surnommé Wittgenstein, qui proclame :
« Je tue, donc je suis ».
La double enquête, policière et philosophique, est menée par Kerr avec un brio époustouflant.
Cadix, 1811. Joseph Bonaparte est sur le trône d'Espagne et le pays lutte contre l'occupation des armées napoléoniennes. Mais dans la ville la plus libérale d'Europe, les batailles sont d'une autre nature. Des jeunes filles y sont brutalement assassinées à coups de fouet, à l'endroit exact où tombent les bombes françaises. Ces meurtres tracent sur la cité une carte sinistre, un échiquier sur lequel la main d'un joueur invisible semble déplacer ses pions selon les lignes de tir, la direction des vents ou de savants calculs de probabilités, scellant le destin des personnages.
Cadix, ou la Diagonale du fou narre la fin d'une époque dans une ville énigmatique et ténébreuse sous l'apparente blancheur de ses murs et de sa lumière océane.
Extrait :
"Les douleurs liées à sa colonne vertébrale empêchaient Axler de faire l'amour dans la position du missionnaire, ou même sur le côté. Aussi restait-il allongé sur le dos, et c'est elle qui le chevauchait, en s'appuyant sur les genoux et les mains pour ne pas peser de tout son poids sur son pelvis. Au début, une fois perchée là-haut, elle perdait tout son savoir-faire, et il dut la guider des deux mains pour lui expliquer comment s'y prendre. "Je ne sais pas quoi faire", avait timidement dit Pegeen.
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Gros ?
On a l’impression d’être né au bon moment tant il y a pour notre plaisir d’abondance littéraire. Les mauvaises nouvelles économiques sur bien des fronts ne désarment pas les acteurs du livre, auteurs, éditeurs, libraires. La lecture baisse, et à la librairie on entend « Dites, Thérèse Raquin, c’est moins gros que Le Bonheur des Dames ? », les revenus baissent aussi et les bibliothèques sont plus utiles que jamais, mais au-delà, il demeure l’ineffable, l’absolu bonheur d’ouvrir entre ses doigts un livre inconnu, et la possible chance qu’il soit « la hache qui brise la mer gelée en nous ».
On ne devrait lire, disait encore Kafka, que des livres qui nous mordent.
Nicole de Fréminville